Récipiendaire

de Montigny, Francine

Prix Marie-Andrée-Bertrand 2018
Catégorie : Scientifique

Outaouais

Francine  de Montigny - lauréate
Photo : Esther Campeau

Enfant, Francine de Montigny hésitait entre une carrière d’infirmière et une d’enseignante. À l’âge de dix ans, son choix est fixé : elle deviendra infirmière. À cette époque, elle était loin de se douter qu’elle deviendrait un jour pionnière du développement psychosocial des familles, en plus de participer à l’amélioration des pratiques professionnelles en santé dans le domaine de la périnatalité.

C’est grâce à une approche avant-gardiste, à une vision humaine basée sur le partage des connaissances et à une pratique collaborative que Francine de Montigny a réussi à mettre de l’avant toute l’importance du rôle du père au sein de la famille et dans le mieux-être des couples accueillant un enfant ou vivant un deuil périnatal.

Diplômée en technique de soins infirmiers au printemps 1978, Francine de Montigny s’envole pour la Suisse et les Pays-Bas, où elle vivra sa première expérience de soutien en deuil périnatal. Cette expérience la motive à pousser ses études plus loin; elle entreprend, quatre ans plus tard, un baccalauréat en sciences infirmières à l’Université du Québec à Hull et poursuit à la maîtrise à l’Université de Montréal. Elle se tourne ensuite vers l’Université du Québec à Trois-Rivières pour amorcer un doctorat en psychologie. Elle y fait également un postdoctorat en psychologie développementale au sein du Centre d’études interdisciplinaires sur le développement de l’enfant et la famille.

Tout au long de sa carrière, Mme de Montigny récolte les mentions d’honneur pour l’excellence de ses travaux. Encore à ce jour, la nature de ses recherches et de ses projets lui a permis de recevoir de nombreux prix ainsi qu’une subvention de recherche de près de 14 millions de dollars en provenance du Québec, du Canada et d’organismes internationaux. Elle est ainsi boursière principale du Fonds de recherche du Québec, récipiendaire de l’Insigne du mérite de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en 2014 et officière de l’Ordre national du Québec en 2017.

Francine de Montigny est la première infirmière québécoise à devenir titulaire d’une chaire de recherche au Canada, un important témoignage de son engagement, de son expertise et de son parcours impressionnant. La Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles assure la poursuite de ses travaux et de ceux de ses équipes de recherche au Québec, en France, en Suisse et au Brésil.

La chercheure est reconnue internationalement pour son apport auprès de ses pairs de la communauté scientifique. En alliant l’enseignement, le travail clinique et la recherche, elle a réussi à implanter une méthode de transfert des connaissances unique qui a influencé positivement les gestionnaires et les décideurs, les cliniciens et les étudiants, puis le public et les participants aux études. Tenant à partager ses découvertes ainsi que le travail de son équipe, elle s’assure de vulgariser ses découvertes afin de toucher une large population.

Son engagement à contribuer au mieux-être des familles et des collectivités, de même qu’à celui des professionnels de la santé, et ses efforts pour influencer les décideurs dans la promotion et l’amélioration des programmes de santé confirment sa grande capacité de mobilisation dans toutes les sphères de la société.

Au quotidien, cela se traduit par la mise sur pied de nombreux projets qui ont permis d’outiller les familles ainsi que leurs différents intervenants. L’initiative Amis des pères au sein des familles, des formations telles Fausse couche à l’urgence ou Accompagner les hommes en deuil d’un enfant à naître et la revue IMPACT en sont des exemples. Par ailleurs, elle a publié 6 livres, signé 35 chapitres de livres et 106 articles et créé près de 80 outils pédagogiques. À l’international, elle est sollicitée pour donner des conférences sur le deuil périnatal, l’intervention auprès des pères et ses projets de recherche, heureuse de constater la place grandissante qu’occupe le soutien des familles et des pères dans le milieu de la santé.

La formation de la relève est également une priorité pour la professeure. Elle a à cœur de soutenir les étudiants de 2e et 3e cycle, les stagiaires postdoctoraux et les nouveaux professeurs. Elle a cocréé un programme court de 2e cycle en périnatalité et codéveloppé un programme doctoral en sciences de la famille qui s’implantera en 2019. Depuis 2010, elle dirige le Centre d’études et de recherches en intervention familiale, avec lequel elle a développé, implanté et évalué des programmes novateurs de prévention et de promotion de la santé psychosociale des familles.

À l’époque où la famille se redéfinit et où le rôle des parents évolue, les apports de Francine de Montigny et de ses équipes sont primordiaux. En mettant l’humain au premier plan, la chercheure aura permis un avancement spectaculaire dans la compréhension et l’inclusion du rôle du père au sein de la famille, en plus d’améliorer considérablement l’approche des infirmières et d’autres professionnels de la santé envers leur clientèle, en toute situation.


Marie-Andrée Bertrand
Qui était Marie-Andrée Bertrand ?
 

Membres du jury :
Marguerite Mendell (présidente)
Josée Côté
Carole Lévesque